En bref : Dan Kennedy et Jason Marrs démontent les mythes du pricing dans ce guide sans concession. Le prix n’a rien à voir avec vos coûts de production. C’est le marché qui décide de la valeur, pas vous. Les auteurs identifient neuf erreurs fatales que commettent la plupart des entrepreneurs et proposent des stratégies pour vendre plus cher sans perdre de clients. Un livre qui bouscule les idées reçues sur la fixation des prix.
Dan Kennedy et Jason Marrs : deux experts du marketing direct
Dan Kennedy n’a plus besoin d’être présenté dans l’univers du marketing direct. Auteur de la série « No B.S. », dont No B.S. Direct Marketing, consultant pour des centaines d’entreprises, il a bâti sa réputation sur des conseils pragmatiques et souvent à contre-courant. Pour ce livre sur le pricing, il s’est associé à Jason Marrs, spécialiste de la stratégie tarifaire et du marketing. Marrs a travaillé avec des entreprises de toutes tailles pour optimiser leur politique de prix.
Les deux auteurs partagent une conviction : la plupart des entrepreneurs sous-évaluent leurs produits et services. Pas par modestie, mais par ignorance des mécanismes psychologiques qui gouvernent l’achat. Ce livre est leur réponse à cette erreur généralisée.
Le prix n’est pas une question de coût
Kennedy attaque d’entrée l’un des mythes les plus tenaces du business : l’idée que le prix doit refléter le coût de production majoré d’une marge. Cette approche « cost-plus » mène dans une impasse selon lui.
Le marché se moque de vos coûts. Ce qui compte, c’est la valeur perçue par l’acheteur. Un diamant ne vaut pas cher parce qu’il est difficile à extraire. Il vaut cher parce que les gens sont prêts à payer pour le posséder. La rareté, le prestige, l’émotion déterminent le prix bien plus que les heures de travail investies.
Kennedy cite une statistique qui fait réfléchir : 80% des décisions d’achat ne sont pas basées sur une comparaison de prix avec la concurrence. Les acheteurs comparent moins qu’on ne le croit. Ils achètent ce qui leur semble avoir de la valeur, et cette valeur est largement construite par le vendeur lui-même.
L’élasticité-prix existe, bien sûr. Mais elle est souvent surestimée. Beaucoup d’entrepreneurs baissent leurs prix par peur de perdre des clients, alors que ces mêmes clients auraient payé davantage sans sourciller. La peur de facturer relève du psychologique, pas de l’économique.
Les neuf erreurs fatales de pricing
Marrs et Kennedy identifient neuf erreurs qui plombent la rentabilité des entreprises. Parmi les plus courantes :
S’aligner sur la concurrence. Fixer ses prix en fonction des autres est une stratégie perdante. Vous ne connaissez pas leurs coûts, leur stratégie, leur situation financière. Et surtout, vous vous enfermez dans une guerre des prix que personne ne gagne jamais vraiment.
Confondre chiffre d’affaires et profit. Vendre beaucoup à faible marge ne rend pas riche. Les auteurs insistent sur ce point : mieux vaut moins de clients qui paient le juste prix qu’une foule de clients à prix cassé.
Accorder des remises sans raison. Chaque remise doit être justifiée, limitée dans le temps, conditionnée à quelque chose. Une remise gratuite détruit la valeur perçue et crée une attente chez le client qui ne paiera plus jamais le prix fort.
Négliger le packaging. La manière dont vous présentez votre offre influence directement ce que les gens sont prêts à payer. Un service identique peut valoir le simple ou le triple selon la façon dont il est emballé et communiqué.
Avoir peur d’augmenter ses prix. Kennedy est catégorique : si vous n’avez pas augmenté vos prix depuis plus d’un an, vous perdez de l’argent. L’inflation, l’évolution de votre expertise, la montée en gamme de vos services justifient des ajustements réguliers.
Le contexte détermine tout
L’une des idées fortes du livre concerne l’importance du contexte dans la perception du prix. Un café à 2 euros paraît normal dans un bar de quartier. Le même café à 6 euros dans un palace semble presque bon marché.
Kennedy et Marrs encouragent les entrepreneurs à travailler leur contexte plutôt que leurs prix. Améliorer l’expérience client, soigner l’environnement de vente, renforcer la marque personnelle. Tout ce qui élève la perception de valeur permet de facturer plus cher sans résistance.
Ils donnent l’exemple des consultants qui facturent à l’heure versus ceux qui facturent au projet ou à la valeur créée. Le premier se bat contre la montre. Le second peut facturer des sommes conséquentes si le résultat obtenu le justifie. Même compétence, contexte différent, revenus incomparables.
Ce que ça change pour un entrepreneur
Ce livre oblige à repenser sa relation à l’argent. Beaucoup de dirigeants de PME ont des blocages inconscients sur le prix. Ils se sentent coupables de facturer cher, pensent que leurs clients n’ont pas les moyens, s’excusent presque de demander de l’argent.
Kennedy balaie ces scrupules. Si votre produit ou service apporte de la valeur, vous devez le facturer en conséquence. Sous-facturer n’est pas de la générosité, c’est du sabotage économique qui met en péril votre entreprise et prive vos clients de votre meilleur travail.
En pratique, le livre invite à auditer sa grille tarifaire avec un œil neuf. À identifier les prestations sous-évaluées. À créer des offres premium pour les clients qui veulent le meilleur. À cesser de proposer des remises par réflexe commercial.
Les entrepreneurs qui appliquent ces principes constatent généralement une amélioration de leur marge sans perte significative de clientèle. Certains clients partent, certes. Mais ceux qui restent sont plus rentables et souvent plus agréables à servir.
Les limites de l’approche Kennedy
Le style Kennedy ne plaira pas à tout le monde. Son ton est direct, parfois brutal. Il assume une vision très américaine du business où le profit justifie presque tout. Les sensibilités européennes peuvent être heurtées par certains passages.
Le livre s’adresse principalement aux entrepreneurs, consultants, prestataires de services. Les industriels confrontés à des appels d’offres ou à des marchés très concurrentiels y trouveront moins de réponses directement applicables.
Certains conseils peuvent sembler simplistes. Augmenter ses prix ne suffit pas si le produit ne suit pas. Kennedy suppose que ses lecteurs ont déjà une offre solide. Si ce n’est pas le cas, appliquer ces stratégies pourrait se retourner contre vous.
Enfin, le livre date de 2011. Certaines références sont datées, même si les principes fondamentaux restent valables. L’économie numérique et les modèles par abonnement mériteraient un traitement plus approfondi.
FAQ
Comment fixer le prix d’un nouveau produit selon Kennedy ?
Kennedy recommande de commencer par évaluer ce que le client est prêt à payer, pas ce que le produit coûte à fabriquer. Testez différents niveaux de prix. Observez les réactions. Le bon prix est celui qui maximise le profit, pas le chiffre d’affaires.
Faut-il toujours éviter les remises ?
Pas nécessairement, mais chaque remise doit avoir une raison claire et une limite temporelle. Une remise pour un nouveau client, pour une commande importante, pour une période creuse se justifie. Une remise « parce que le client a demandé » détruit votre crédibilité tarifaire.
Comment augmenter ses prix sans perdre de clients ?
Prévenez vos clients existants en avance. Expliquez les améliorations apportées. Proposez éventuellement un tarif gelé temporaire pour les plus fidèles. La plupart des clients acceptent les augmentations raisonnables si elles sont bien communiquées.
Ce livre est-il adapté aux freelances ?
Absolument. Les freelances sont souvent ceux qui sous-facturent le plus. Le livre propose des stratégies concrètes pour sortir de la facturation à l’heure et créer des offres à plus forte valeur ajoutée.
Quelle est la différence entre prix et valeur ?
Le prix est ce que vous demandez. La valeur est ce que le client perçoit recevoir en échange. Si la valeur perçue dépasse le prix, le client achète sans hésiter. Tout l’art du pricing consiste à maximiser cette valeur perçue.
Comment savoir si mes prix sont trop bas ?
Si vous n’avez jamais eu de client qui trouve vos prix trop élevés, ils sont probablement trop bas. Si votre carnet de commandes déborde mais que votre marge reste faible, vos prix sont trop bas. Si vous n’avez pas augmenté depuis plus d’un an, vos prix sont trop bas.

