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Common Stocks and Uncommon Profits de Philip Fisher : les fondations de l’investissement de croissance

En bref : Philip Fisher, considéré comme le père de l’investissement de croissance, a influencé Warren Buffett lui-même. Son ouvrage de 1958 présente les quinze critères pour identifier les entreprises exceptionnelles et sa méthode du « scuttlebutt » pour collecter l’information. Un classique qui démontre que les chiffres seuls ne suffisent pas à faire de bons investissements.

Philip Fisher, le père de l’investissement de croissance

Philip Arthur Fisher a marqué l’histoire de l’investissement américain. Né en 1907, il a fondé sa propre société de gestion en 1931, qu’il a dirigée pendant près de sept décennies. Son influence dépasse largement le cercle des professionnels de la finance.

Warren Buffett a déclaré être « 15% Philip Fisher et 85% Benjamin Graham ». Cette formule en dit long. Si Graham a posé les bases de l’analyse de la valeur, Fisher a ouvert une autre voie : celle de la croissance. Il a publié Common Stocks and Uncommon Profits en 1958, un ouvrage qui reste une référence plus de soixante ans après.

Les quinze points de Fisher pour évaluer une entreprise

Au cœur du livre se trouve une grille d’analyse en quinze points. Fisher ne s’intéresse pas uniquement aux ratios financiers. Il cherche à comprendre la qualité du management, la capacité d’innovation, l’efficacité commerciale, la culture d’entreprise.

Parmi ces critères : l’entreprise investit-elle suffisamment en recherche et développement ? Dispose-t-elle d’un avantage concurrentiel durable ? La direction est-elle intègre et compétente ? Les marges bénéficiaires sont-elles en progression ? Ces questions semblent évidentes aujourd’hui. En 1958, elles révolutionnaient l’approche de l’investissement.

La méthode du scuttlebutt : enquêter sur le terrain

Fisher a inventé le terme « scuttlebutt » pour décrire sa méthode de collecte d’information. Plutôt que de se contenter des rapports annuels, il recommande de parler aux concurrents, aux fournisseurs, aux clients, aux anciens employés. Cette approche terrain permet de découvrir ce que les chiffres ne disent pas.

L’idée paraît simple. Elle demande pourtant du temps, de la patience, un réseau de contacts. Fisher passait des mois à étudier une entreprise avant d’investir. Il préférait détenir un petit nombre de positions bien comprises plutôt qu’un portefeuille diversifié mais superficiel.

Ce que les entrepreneurs peuvent retenir

La philosophie de Fisher s’applique au-delà de la bourse. Pour un entrepreneur, évaluer un partenaire potentiel, un fournisseur, un concurrent, les mêmes principes fonctionnent. Ne pas se fier aux apparences. Creuser derrière les présentations officielles. Parler aux gens qui connaissent vraiment l’entreprise.

Son insistance sur la qualité du management résonne particulièrement. Fisher cherchait des dirigeants capables de reconnaître leurs erreurs, d’apprendre, de s’adapter. Il fuyait les entreprises où le management se complaisait dans l’autosatisfaction. Cette lucidité sur le leadership reste précieuse.

Sa vision du long terme mérite aussi attention. Fisher gardait certaines positions pendant des décennies. Il estimait que les vrais gains viennent de la capitalisation sur la durée, pas des allers-retours spéculatifs. Une leçon de patience dans un monde obsédé par les résultats trimestriels.

Les limites de l’ouvrage

Le livre date de 1958. Les exemples d’entreprises sont souvent obsolètes. Certains secteurs mentionnés n’existent plus, d’autres ont été transformés par la technologie. Le lecteur doit faire l’effort de transposer les principes au contexte actuel.

L’approche qualitative de Fisher demande un travail considérable. Tout le monde n’a pas accès aux sources d’information qu’il privilégiait. Les petits investisseurs peuvent difficilement interviewer les concurrents d’une entreprise cotée. La méthode reste plus adaptée aux professionnels disposant de temps et de réseau.

Le livre existe en traduction française sous le titre Actions ordinaires et profits extraordinaires. La lecture de l’original anglais reste recommandée pour saisir toutes les nuances du texte.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’investissement de croissance ?

C’est une approche qui privilégie les entreprises à fort potentiel de développement, même si leur valorisation actuelle semble élevée. L’investisseur parie sur la croissance future des bénéfices plutôt que sur une sous-évaluation présente.

Quelle est la différence entre Fisher et Graham ?

Benjamin Graham, le maître de Warren Buffett, cherchait des entreprises sous-évaluées par le marché. Fisher cherchait des entreprises exceptionnelles capables de croître durablement. Les deux approches sont complémentaires, comme l’a montré Buffett lui-même.

Qu’est-ce que la méthode du scuttlebutt ?

C’est une technique d’investigation qui consiste à recueillir des informations auprès de sources variées : concurrents, fournisseurs, clients, anciens employés. L’objectif est de comprendre la réalité d’une entreprise au-delà de ses communications officielles.

Combien de temps Fisher gardait-il ses positions ?

Parfois des décennies. Fisher estimait que si l’on a bien choisi une entreprise, il n’y a pas de raison de vendre tant que les fondamentaux restent solides. Cette patience lui a permis de bénéficier pleinement de la croissance de ses investissements.

Le livre est-il accessible aux débutants ?

Oui, Fisher écrit de façon claire et pédagogique. Les concepts sont expliqués sans jargon excessif. Le lecteur doit simplement accepter que certains exemples datent et faire l’effort de les transposer au monde actuel.

Existe-t-il une version française ?

Oui, le livre est disponible en français sous le titre Actions ordinaires et profits extraordinaires. La traduction permet aux lecteurs francophones d’accéder à cette œuvre fondatrice de l’investissement de croissance.

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