En bref : Stéphane Garnier observe son chat Ziggy depuis quinze ans et en tire une quarantaine de leçons de vie. Calme, indépendance, observation, capacité à dire non, gestion du temps : le félin incarne des qualités que nous gagnerions à cultiver. Un livre de développement personnel léger et décalé qui invite à prendre du recul sur nos vies trop remplies et notre besoin de plaire à tout le monde.
Un auteur lyonnais et son chat philosophe
Stéphane Garnier est auteur et chroniqueur, basé à Lyon. Il n’est pas psychologue ni coach en développement personnel. Son expertise vient d’ailleurs : d’une observation quotidienne, patiente, de son chat Ziggy. Pendant quinze ans, il a noté les comportements de ce compagnon à quatre pattes, les a analysés, et en a extrait des enseignements applicables à notre vie humaine.
Le livre « Agir et penser comme un chat » est paru en 2017 aux éditions de l’Opportun. Le succès a été immédiat. L’ouvrage s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires en France et a été traduit dans de nombreux pays. Une suite, « Agir et penser comme un chat – Saison 2 », est venue prolonger l’aventure. Une édition poche est disponible depuis 2020 au Livre de Poche.
Le ton du livre est léger, ponctué de citations attribuées à Ziggy lui-même. Cette fantaisie assumée distingue l’ouvrage des manuels de développement personnel plus académiques. Garnier ne prétend pas révolutionner la psychologie. Il propose un angle décalé pour aborder des questions sérieuses : comment gérer le stress, préserver son indépendance, savoir dire non, cultiver le calme dans un monde agité.
Le chat comme modèle de sérénité
La première leçon du chat concerne le calme. Un félin passe l’essentiel de son temps à observer, attendre, se reposer. Il ne s’agite pas inutilement. Quand il chasse, il est concentré et efficace. Le reste du temps, il économise son énergie. Cette alternance entre action intense et repos profond constitue un modèle intéressant pour qui se sent perpétuellement débordé.
Garnier observe que nous vivons souvent dans une agitation permanente. Les sollicitations s’enchaînent, les notifications s’accumulent, les urgences se multiplient. Le chat, lui, reste imperméable à ce bruit ambiant. Il ne réagit qu’à ce qui mérite vraiment son attention. Cette capacité de tri, cette sélectivité dans l’engagement, mérite d’être imitée.
Le repos n’est pas une faiblesse pour le chat, c’est une stratégie. Il dort en moyenne quinze heures par jour. Non pas par paresse, mais parce qu’il sait que l’efficacité passe par la récupération. Cette leçon s’applique directement au monde du travail. Les entrepreneurs qui se vantent de dormir quatre heures par nuit confondent endurance et performance. À long terme, le manque de repos détruit la créativité et la capacité de décision.
L’indépendance comme art de vivre
Le chat ne cherche pas à plaire. Il n’adapte pas son comportement pour obtenir l’approbation des autres. Cette indépendance psychologique est peut-être sa qualité la plus frappante. Le chat vient vers vous quand il le décide, pas quand vous le souhaitez. Il accepte une caresse s’il en a envie, la refuse sinon. Cette liberté intérieure fascine et agace à la fois.
Garnier traduit cette observation en conseil pratique : apprendre à dire non. Dans la vie professionnelle comme personnelle, nous acceptons souvent des sollicitations par peur de déplaire, par culpabilité, par incapacité à poser des limites. Le chat n’a pas ce problème. Il sait intuitivement que son temps et son énergie sont précieux. Il les protège naturellement.
Cette indépendance ne signifie pas froideur ou égoïsme. Le chat peut être affectueux, rechercher la compagnie, ronronner de plaisir. Mais il le fait selon ses termes, pas selon les attentes des autres. Cette nuance est importante. L’indépendance n’est pas le refus de la relation. C’est le refus de la soumission aux besoins d’autrui au détriment des siens.
Observer avant d’agir
Le chat passe beaucoup de temps à observer. Avant de sauter quelque part, il évalue la distance, vérifie la stabilité de la surface d’arrivée, calcule son élan. Il ne se précipite pas. Cette patience dans l’observation précède l’efficacité dans l’action. Pour approfondir cette capacité d’observation et de réflexion avant l’action, l’article sur Thinking Fast and Slow de Daniel Kahneman offre un éclairage complémentaire sur nos deux modes de pensée.
Garnier voit dans ce comportement une leçon pour les décideurs. Combien de mauvaises décisions sont prises dans l’urgence, sans avoir pris le temps d’analyser la situation ? Le chat ne connaît pas cette précipitation. Il attend que les éléments soient réunis avant d’agir. Et quand il agit, il est pleinement engagé, sans hésitation.
Cette capacité d’observation s’étend à l’environnement social. Le chat repère très vite qui l’apprécie et qui le craint, qui représente une menace et qui peut être un allié. Cette intelligence situationnelle lui permet de naviguer avec aisance dans des contextes variés. L’entrepreneur gagne à développer cette sensibilité aux signaux faibles, cette attention au non-verbal et aux dynamiques relationnelles.
Ce que ce livre change pour un entrepreneur
L’entrepreneur est souvent pris dans une course permanente. Plus de clients, plus de chiffre d’affaires, plus de projets, plus vite, plus fort. Le chat propose un autre modèle : moins mais mieux. Choisir ses batailles. Économiser son énergie pour les moments qui comptent vraiment. Refuser les sollicitations qui dispersent sans apporter de valeur.
La leçon du calme s’applique particulièrement aux moments de crise. Quand tout va mal, la tentation est de s’agiter dans tous les sens. Le chat, face à une menace, garde son sang-froid. Il évalue, attend le bon moment, puis réagit de manière ciblée. Cette maîtrise émotionnelle fait la différence entre une décision panique et une décision stratégique.
La leçon d’indépendance concerne la relation aux clients, aux investisseurs, aux partenaires. Un entrepreneur trop dépendant de l’approbation extérieure perd sa capacité de jugement. Il dit oui à des projets qui ne lui conviennent pas, accepte des conditions défavorables, modifie sa vision pour plaire. Le chat rappelle qu’une certaine distance, une certaine fierté, sont nécessaires pour préserver l’intégrité de son projet.
La leçon d’observation s’applique à la veille stratégique. Trop d’entrepreneurs foncent tête baissée sans avoir cartographié leur environnement. Le chat, lui, connaît son territoire dans les moindres recoins. Il sait où sont les opportunités et les dangers. Cette connaissance fine du terrain est un avantage compétitif majeur.
Les limites du livre
Le livre ne prétend pas à la rigueur scientifique. Les observations sur le comportement félin sont personnelles, parfois anthropomorphisées. Un éthologue trouverait sans doute à redire sur certaines interprétations. Garnier lui-même ne se présente pas comme un expert. Il propose une lecture poétique et décalée, pas une analyse comportementale rigoureuse.
Le format léger peut décevoir qui cherche des conseils approfondis. Le livre se lit vite, les chapitres sont courts, les développements restent superficiels. C’est un choix éditorial assumé, mais qui limite la portée pratique de l’ouvrage. Les lecteurs habitués aux méthodes structurées de développement personnel resteront peut-être sur leur faim.
Certaines leçons peuvent aussi sembler contradictoires avec les exigences de la vie sociale et professionnelle. Un chat peut se permettre d’ignorer les sollicitations. Un salarié ou un entrepreneur ne peut pas toujours faire de même sans conséquences. Garnier invite à s’inspirer du chat, pas à l’imiter aveuglément. Cette nuance peut se perdre à la lecture.
Enfin, le ton humoristique avec les citations de Ziggy ne plaira pas à tous. Certains trouveront le procédé charmant, d’autres agaçant. C’est une question de sensibilité. Le livre assume pleinement son côté feel-good, ce qui peut paraître superficiel dans un rayon développement personnel souvent plus solennel.
Questions fréquentes sur Agir et penser comme un chat
Ce livre convient-il à quelqu’un qui n’aime pas les chats ?
Oui, le chat est un prétexte pour parler de comportements humains. Même sans affection particulière pour les félins, le lecteur peut trouver des réflexions utiles sur le calme, l’indépendance, l’observation. Le propos dépasse largement la simple description du comportement animal.
Faut-il lire la suite, « Saison 2 » ?
Le premier tome se suffit à lui-même. La suite reprend le même format avec de nouvelles observations. Les lecteurs qui ont apprécié le premier y trouveront leur compte. Ceux qui sont restés sceptiques n’ont pas de raison de changer d’avis avec le second volume.
Le livre donne-t-il des exercices pratiques ?
Non, ce n’est pas un cahier d’exercices. Le livre propose des réflexions et des observations, pas une méthode pas à pas. L’application reste à la charge du lecteur. C’est davantage une invitation à changer de regard qu’un programme structuré.
Le livre convient-il aux enfants ?
Le style est accessible mais le propos s’adresse plutôt aux adultes. Les réflexions sur le stress professionnel, les relations sociales, l’indépendance psychologique parlent davantage à un public adulte. Un adolescent pourrait toutefois y trouver des pistes intéressantes.
Ziggy existe-t-il vraiment ?
Oui, Ziggy est le vrai chat de Stéphane Garnier. L’auteur vit avec lui depuis des années et l’observe quotidiennement. Les anecdotes du livre sont tirées de cette cohabitation réelle. Ziggy n’est pas un personnage fictif inventé pour les besoins du livre.
Peut-on offrir ce livre à quelqu’un ?
C’est un cadeau idéal pour quelqu’un qui se sent débordé ou stressé. Le format léger et le ton humoristique rendent la lecture agréable. C’est moins intimidant qu’un manuel de développement personnel classique. Un bon choix pour initier quelqu’un à ce type de réflexion sans le brusquer.
Combien de temps faut-il pour le lire ?
Le livre se lit en quelques heures. Les chapitres sont courts, le style fluide, les pages aérées. On peut le lire d’une traite ou le picorer au fil des jours. C’est une lecture de détente qui ne demande pas une concentration soutenue.

