En bref : Valérie Zoydo propose une vision où l’épanouissement individuel devient le socle d’une société plus harmonieuse. Son message central : construire un « JE souverain pour un NOUS harmonieux ». Elle invite à passer du pouvoir à la puissance, de l’égo au cœur, du cynisme à l’empathie, de la compétition à la coopération. Le livre explore comment les récits collectifs façonnent notre vision du monde et comment les transformer.
Valérie Zoydo : du storytelling d’entreprise aux récits de transformation
Valérie Zoydo n’est pas une théoricienne déconnectée du terrain. Autrice-réalisatrice de formation, elle travaille depuis plus de vingt ans sur le storytelling et les récits de changement, individuels comme collectifs. Cette double expérience, créative et stratégique, nourrit sa réflexion.
Son parcours l’a menée des récits d’entreprise aux récits de société. Elle a compris que les histoires que nous nous racontons, personnellement et collectivement, déterminent nos actions. Changer de récit, c’est changer de trajectoire.
Zoydo a cofondé le parcours « Nouveaux Récits » avec le Festival Atmosphères, soutenu par l’ADEME. Elle a aussi créé l’Assemblée citoyenne des Imaginaires, un dispositif qui rassemble citoyens, artistes, scénaristes et entreprises pour imaginer ensemble les futurs souhaitables.
Pour elle, « faire récit, c’est-à-dire se projeter dans une histoire collective qui raconte une vue partagée du futur, c’est se retrouver pour faire société ». Cette conviction traverse tout son travail.
Le livre s’inscrit dans cette démarche plus large. Il ne s’agit pas d’un simple manuel de développement personnel. C’est une réflexion sur l’articulation entre transformation individuelle et transformation collective. Comment devenir soi-même peut-il contribuer à construire un monde meilleur ?
Cette question résonne particulièrement dans une époque où beaucoup ressentent un décalage entre leurs aspirations personnelles et le fonctionnement de la société.
Du JE souverain au NOUS harmonieux : le cœur du message
La formule « JE souverain pour un NOUS harmonieux » condense la philosophie du livre. Elle mérite d’être décortiquée.
Un JE souverain, ce n’est pas un égo hypertrophié. C’est une personne qui se connaît suffisamment pour ne plus être ballottée par les influences extérieures, les modes, les pressions sociales. Quelqu’un qui a fait le travail intérieur nécessaire pour savoir qui elle est, ce qu’elle veut, ce qu’elle refuse. Pour approfondir ce travail sur soi, découvrez aussi La confiance en soi, une philosophie par Charles Pépin.
Cette souveraineté personnelle n’est pas un repli sur soi. Au contraire. Zoydo montre qu’une personne qui n’est pas au clair avec elle-même projette ses conflits internes sur le monde extérieur. Elle cherche dans les autres ce qu’elle ne trouve pas en elle. Elle entre dans des dynamiques de domination ou de soumission plutôt que de coopération.
Le NOUS harmonieux découle naturellement du JE souverain. Des individus épanouis, conscients d’eux-mêmes, capables d’authenticité, peuvent construire des relations et des collectifs plus sains. Ils n’ont plus besoin de manipuler, de contrôler ou de se conformer. Ils peuvent simplement être, et contribuer.
Le livre propose plusieurs passages à opérer. Du pouvoir à la puissance : ne plus chercher à dominer les autres, mais développer sa capacité d’action propre. De l’égo au cœur : passer d’une logique de protection et de comparaison à une logique d’ouverture et de connexion. Du cynisme à l’empathie : retrouver la capacité de se mettre à la place de l’autre. Du combat à la douceur : cesser de voir le monde comme un champ de bataille. De la compétition à la coopération : comprendre que nous gagnons plus ensemble que les uns contre les autres.
Ces passages ne sont pas des injonctions morales. Ce sont des invitations à explorer d’autres manières d’être au monde.
Les nouveaux récits : transformer les histoires pour transformer le monde
Zoydo accorde une place centrale aux récits. Pour elle, les histoires que nous nous racontons, que ce soit dans les médias, le cinéma, la publicité ou nos conversations quotidiennes, façonnent notre perception du possible.
Le récit dominant actuel valorise la compétition, la réussite individuelle, la croissance sans limites, la consommation comme source de bonheur. Ces histoires ne sont pas neutres. Elles orientent nos choix, nos aspirations, nos comportements collectifs.
Changer de récit, c’est ouvrir de nouveaux horizons. Si les films, les séries, les romans commencent à raconter d’autres histoires, où la coopération triomphe, où le bonheur ne passe pas par l’accumulation, où la réussite se mesure autrement, alors nos imaginaires évoluent. Et avec eux, nos actions.
C’est tout le sens de l’Assemblée citoyenne des Imaginaires que Zoydo a créée. Elle réunit des citoyens ordinaires avec des scénaristes et des artistes pour écrire ensemble les récits du monde à venir. L’objectif : que ces histoires soient ensuite portées à l’écran et créent une nouvelle culture populaire.
Cette approche n’est pas naïve. Zoydo sait que les récits ne changent pas le monde à eux seuls. Mais elle croit qu’ils préparent le terrain. Avant de pouvoir agir différemment, il faut pouvoir imaginer différemment. Les histoires sont des laboratoires du possible.
Pour un individu, le travail sur soi passe aussi par l’examen des récits intériorisés. Quelles histoires me suis-je racontées sur moi-même ? Sur ce que je peux ou ne peux pas faire ? Sur ce qui constitue une vie réussie ? Réécrire ces récits personnels, c’est déjà se libérer.
Ce que ce livre change pour un entrepreneur
Un entrepreneur vit souvent une tension entre ses valeurs personnelles et les exigences perçues du monde des affaires. Le livre de Zoydo aide à réconcilier ces deux dimensions.
La première prise de conscience concerne l’authenticité comme force. Beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’ils doivent jouer un rôle, adopter une posture, correspondre à une image du « bon entrepreneur ». Zoydo montre que cette inauthenticité est épuisante et contre-productive. Être soi, avec ses forces et ses vulnérabilités, crée une connexion plus profonde avec les clients, les partenaires, les équipes.
La deuxième leçon touche au leadership. Un dirigeant qui a fait son travail intérieur, qui ne projette pas ses peurs et ses frustrations sur son équipe, qui n’a pas besoin de dominer pour se sentir légitime, devient un meilleur leader. Il peut créer un environnement où chacun peut être lui-même et donner le meilleur.
La troisième dimension concerne le storytelling de l’entreprise. Zoydo est experte en récits. Elle sait que l’histoire que raconte une entreprise sur elle-même, sa mission, son impact, détermine largement sa capacité à engager clients et collaborateurs. Un récit authentique, ancré dans des valeurs réelles, a plus de force qu’un storytelling marketing creux.
Le livre invite aussi à repenser le modèle même de l’entreprise. Si la compétition n’est plus la seule voie, si la coopération devient possible, alors de nouveaux modèles économiques émergent. Économie sociale et solidaire, entreprises à mission, coopératives : ces formes alternatives prennent sens dans le cadre proposé par Zoydo.
Pour un entrepreneur en quête de sens, ce livre offre un cadre de réflexion précieux sur l’articulation entre accomplissement personnel et contribution sociale.
Les limites du livre
Le livre peut sembler parfois trop idéaliste. Passer de la compétition à la coopération, du cynisme à l’empathie : ces transformations sont plus faciles à énoncer qu’à vivre. Le lecteur pragmatique peut rester sur sa faim quant aux méthodes concrètes pour opérer ces changements.
L’approche reste très ancrée dans une sensibilité française et européenne. Les exemples, les références culturelles, les dispositifs comme l’Assemblée des Imaginaires parlent à un certain public. Un lecteur d’une autre culture pourrait avoir plus de mal à s’y retrouver.
Le lien entre transformation individuelle et transformation sociale n’est pas toujours évident. Zoydo postule qu’en devenant des JE souverains, nous contribuons à un NOUS harmonieux. Mais le saut entre les deux n’est pas automatique. Les structures sociales, économiques, politiques ont leur propre inertie. Le travail sur soi est nécessaire, mais il n’est pas suffisant.
Le livre s’adresse principalement à des personnes déjà engagées dans une réflexion sur le sens, déjà sensibles aux questions écologiques et sociales. Ceux qui ne partagent pas ces préoccupations risquent de trouver le propos éloigné de leurs réalités.
Enfin, l’accent mis sur les récits et les imaginaires peut sembler déconnecté des urgences concrètes. Face aux crises climatiques, économiques, sociales, changer les histoires peut paraître dérisoire. Zoydo répondrait que sans nouveaux imaginaires, nous restons prisonniers des anciens. Mais le lecteur impatient peut trouver cette réponse insuffisante.
Ces limites n’enlèvent rien à la valeur du livre pour qui cherche à articuler développement personnel et engagement collectif.
Questions fréquentes sur être soi et faire société
Que signifie « JE souverain pour un NOUS harmonieux » ?
Un JE souverain désigne une personne qui se connaît suffisamment pour ne plus être manipulée par les influences extérieures. Cette souveraineté personnelle permet ensuite de construire des relations et des collectifs sains, sans dynamiques de domination ou de soumission.
Qui est Valérie Zoydo ?
Valérie Zoydo est autrice-réalisatrice, experte en storytelling du changement depuis plus de vingt ans. Elle a créé l’Assemblée citoyenne des Imaginaires et cofondé le parcours Nouveaux Récits avec le Festival Atmosphères, soutenu par l’ADEME.
Pourquoi les récits sont-ils si importants pour Zoydo ?
Les histoires que nous nous racontons façonnent notre perception du possible. Changer les récits dominants, c’est ouvrir de nouveaux horizons d’action. Sans nouveaux imaginaires, nous restons prisonniers des anciens schémas.
Ce livre est-il un manuel de développement personnel ?
Pas uniquement. C’est une réflexion sur l’articulation entre transformation individuelle et transformation collective. Le travail sur soi n’est pas une fin en soi, mais un préalable pour contribuer à une société plus harmonieuse.
Comment passer de la compétition à la coopération concrètement ?
Le livre propose des pistes : prendre conscience des récits intériorisés qui valorisent la compétition, explorer d’autres manières d’être en relation, participer à des projets collectifs qui incarnent ces valeurs alternatives.
À qui s’adresse ce livre ?
Aux personnes qui ressentent un décalage entre leurs aspirations personnelles et le fonctionnement de la société. Aux entrepreneurs en quête de sens, aux citoyens qui veulent contribuer autrement, à tous ceux qui cherchent à réconcilier épanouissement individuel et engagement collectif.

