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Hiring for Attitude de Mark Murphy : pourquoi 89% des échecs de recrutement sont liés à l’attitude

En bref : Mark Murphy, fondateur de Leadership IQ, a analysé 20 000 nouvelles embauches et découvert que 46% échouent dans les 18 premiers mois. Plus surprenant : 89% de ces échecs sont liés à l’attitude, pas aux compétences techniques. Son livre propose une méthode concrète pour identifier les candidats coachables, motivés et alignés avec votre culture d’entreprise.

Le CV parfait, les diplômes prestigieux, l’expérience impressionnante. Et pourtant, six mois plus tard, vous vous demandez comment vous avez pu vous tromper à ce point. Ce scénario, Mark Murphy l’a documenté à grande échelle. Son cabinet Leadership IQ a suivi 20 000 nouvelles recrues pour comprendre ce qui sépare les embauches réussies des échecs. La conclusion bouscule les pratiques de recrutement traditionnelles : ce n’est presque jamais une question de compétences.

L’étude qui remet en question les pratiques RH

Mark Murphy n’est pas un théoricien du management. Fondateur et CEO de Leadership IQ, classé parmi les Top 30 Leadership Gurus mondiaux, il a formé des dirigeants aux Nations Unies, à Harvard Business School, chez Microsoft, MasterCard et Charles Schwab. Son approche repose sur des données, pas sur des intuitions.

L’étude au cœur de Hiring for Attitude a suivi 20 000 nouvelles embauches pendant 18 mois. Le premier constat est déjà alarmant : 46% des nouvelles recrues échouent dans ce délai. Mais c’est la décomposition de ces échecs qui surprend vraiment. Sur ces 46%, seuls 11% échouent par manque de compétences techniques. Les 89% restants échouent pour des raisons liées à l’attitude.

Ce chiffre de 89% oblige à repenser l’entretien d’embauche. La majorité des processus de recrutement passent l’essentiel du temps à évaluer les compétences techniques, qui ne représentent que 11% des causes d’échec. L’attitude, responsable de 89% des problèmes, est souvent évaluée en quelques minutes à la fin de l’entretien, parfois pas du tout.

Les cinq dimensions de l’attitude selon Murphy

Murphy identifie cinq facteurs attitudinaux qui déterminent le succès ou l’échec d’une recrue. La coachabilité arrive en tête : la capacité d’un employé à accepter, intérioriser et mettre en œuvre les retours des différentes parties prenantes de l’organisation. Un employé non coachable stagne, répète ses erreurs et finit par exaspérer son entourage professionnel.

L’intelligence émotionnelle constitue le deuxième pilier. Elle englobe la conscience de soi, la gestion des émotions, l’empathie et les compétences relationnelles. Un expert technique dépourvu d’intelligence émotionnelle peut détruire la dynamique d’une équipe en quelques semaines. Pour approfondir la construction d’équipes solides, d’autres auteurs complètent utilement cette perspective.

La motivation représente le troisième facteur. Non pas la motivation affichée en entretien, mais la motivation intrinsèque à progresser, à contribuer, à dépasser les attentes. Le tempérament, quatrième dimension, concerne l’adéquation entre la personnalité du candidat et les exigences du poste. Un introverti peut exceller dans un rôle d’analyse, moins dans un poste commercial. Enfin, la compétence technique ferme la marche, paradoxalement la plus facile à évaluer et la moins déterminante.

La méthode pour évaluer l’attitude en entretien

Murphy propose une approche structurée pour sortir de l’évaluation intuitive. La première étape consiste à identifier les attitudes spécifiques à votre culture d’entreprise. Ce qui fonctionne chez Google ne fonctionne pas forcément dans une PME familiale. Il propose deux tests rapides pour clarifier les caractéristiques attitudinales recherchées.

La méthode inclut une question d’entretien en cinq parties conçue spécifiquement pour révéler si un candidat est coachable. Murphy identifie aussi les six mots qui ruinent les questions comportementales classiques. Ces formulations alertent le candidat et l’incitent à fournir des réponses préparées plutôt que spontanées.

Le livre s’appuie sur des études de cas d’entreprises reconnues pour leurs pratiques de recrutement : Southwest Airlines, célèbre pour sa culture d’entreprise distinctive, The Ritz-Carlton et son excellence de service, Google et sa capacité à attirer les talents, Microchip et sa rétention remarquable. Ces exemples illustrent comment des entreprises très différentes appliquent le même principe : recruter d’abord pour l’attitude.

Ce que Hiring for Attitude change pour un dirigeant

Le premier changement concerne la répartition du temps d’entretien. Si 89% des échecs viennent de l’attitude, il paraît logique de consacrer au moins autant de temps à l’évaluer qu’à tester les compétences techniques. La plupart des recruteurs font exactement l’inverse.

Le deuxième apport est de déculpabiliser les managers qui ont fait de mauvais recrutements. Si 46% des embauches échouent en moyenne, ce n’est pas une question de flair personnel mais de méthode. Le problème est systémique, la solution doit l’être aussi.

Le troisième changement touche à la définition du profil idéal. Avant même de publier une offre d’emploi, Murphy recommande de cartographier les attitudes qui font le succès dans votre environnement spécifique. Cette réflexion préalable évite de recruter des candidats brillants sur le papier mais inadaptés à votre culture.

Les limites d’une approche centrée sur l’attitude

L’évaluation de l’attitude reste plus subjective que celle des compétences techniques. Un test de codage donne un résultat objectif. Une évaluation de la coachabilité dépend en partie du recruteur, de son propre biais, de la qualité de l’interaction avec le candidat. Murphy fournit des outils pour réduire cette subjectivité, mais elle ne disparaît pas complètement.

Le risque existe aussi de créer des équipes trop homogènes. En recrutant systématiquement pour l’adéquation culturelle, on peut finir par éliminer les profils atypiques qui apportent des perspectives différentes. La diversité de pensée, source d’innovation, peut pâtir d’une application trop rigide de ces principes.

Le livre s’adresse principalement aux organisations qui recrutent régulièrement. Pour un entrepreneur qui embauche une ou deux personnes par an, la mise en place d’un processus structuré peut sembler disproportionnée. Les principes restent valides, mais leur formalisation nécessite une adaptation au contexte de chaque entreprise.

FAQ

Quel est le chiffre clé de l’étude de Mark Murphy ?

89% des échecs de recrutement sont liés à l’attitude, pas aux compétences techniques. Cette statistique provient d’une étude portant sur 20 000 nouvelles embauches suivies pendant 18 mois.

Quelles sont les cinq dimensions de l’attitude selon Murphy ?

La coachabilité, l’intelligence émotionnelle, la motivation, le tempérament et la compétence technique. Les quatre premières relèvent de l’attitude et représentent 89% des causes d’échec.

Le livre est-il disponible en français ?

Hiring for Attitude n’a pas été traduit en français. Il est disponible en anglais chez McGraw-Hill en format papier et numérique.

Qui est Mark Murphy ?

Fondateur et CEO de Leadership IQ, auteur du bestseller New York Times Hundred Percenters. Il est classé parmi les Top 30 Leadership Gurus mondiaux et a formé des dirigeants dans la moitié des entreprises du Fortune 500.

Cette méthode s’applique-t-elle aux petites entreprises ?

Les principes sont universels mais la formalisation du processus doit être adaptée. Une PME peut appliquer les concepts sans mettre en place tout l’arsenal méthodologique prévu pour les grandes organisations.

Quelles entreprises sont citées en exemple dans le livre ?

Southwest Airlines, The Ritz-Carlton, Google et Microchip figurent parmi les études de cas. Ces entreprises illustrent différentes façons d’appliquer le recrutement basé sur l’attitude.

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