En bref : Screw It, Let’s Do It condense la philosophie de vie de Richard Branson en une série de principes simples. Le fondateur de Virgin y partage sa propension à dire oui aux opportunités, son refus de laisser la peur dicter ses choix, et sa conviction que le plaisir doit rester au cœur de toute entreprise. Un livre court qui pousse à l’action plutôt qu’à l’analyse paralysante.
Richard Branson : « Dr Yes » et fondateur de l’empire Virgin
Richard Branson est le fondateur du groupe Virgin, un ensemble de plus de 400 entreprises présentes dans des secteurs aussi variés que l’aviation, la musique, les télécommunications et le tourisme spatial. Anobli en 2000 pour ses services à l’entrepreneuriat, il incarne un certain style de business britannique, mélange d’audace et d’excentricité.
Au sein de Virgin, ses collaborateurs l’ont surnommé « Dr Yes ». Ce surnom reflète sa tendance à chercher des raisons de faire quelque chose plutôt que des raisons de ne pas le faire. Quand on lui présente une idée, sa réaction automatique penche vers le positif. Cette disposition mentale est au cœur du livre.
« Screw It, Let’s Do It » est une expression que Branson utilise régulièrement. Elle capture son approche face aux décisions difficiles ou aux projets risqués. Plutôt que de rester paralysé par l’analyse, il préfère avancer et ajuster en cours de route. Le livre, publié en 2006, compile les leçons tirées de cette philosophie en quelques chapitres courts et accessibles.
Contrairement à son autobiographie « Losing My Virginity » qui raconte sa vie en détail, ce livre se concentre sur les principes. Il se lit en deux ou trois heures. C’est un condensé de sa pensée, pas un récit exhaustif.
Dire oui d’abord, réfléchir ensuite
Le principe central du livre tient en quelques mots : la peur du regret de ne pas avoir essayé doit surpasser la peur de l’échec. Branson a construit sa carrière sur cette conviction. Quand une opportunité se présente, même intimidante, sa réponse par défaut est d’aller de l’avant.
Cette approche ne signifie pas foncer aveuglément. Branson distingue entre prendre des risques et être imprudent. Il s’agit de risques calculés. Quand il a acheté l’île de Necker, on lui demandait 3 millions de livres. Il en a offert 175 000. Refus. Il a finalement obtenu l’île pour 180 000 dollars avec la condition de construire des infrastructures dans les cinq ans. Il a emprunté l’argent et tenu son engagement.
L’anecdote illustre la méthode : proposer, négocier, trouver un angle, ne pas accepter le premier « non » comme définitif. Cette persistance apparaît dans toutes ses entreprises. Virgin Atlantic s’est construite contre British Airways qui avait tout fait pour la couler. Virgin Records a signé des artistes que les majors refusaient.
Le livre insiste sur l’importance de croire en soi et en ses projets. Si d’autres sont en désaccord, essayer encore. L’échec n’est pas une fin, c’est une information. Chaque tentative infructueuse rapproche d’une solution qui fonctionne.
Le plaisir comme moteur plutôt que l’argent
Branson répète que le plaisir doit rester au centre de l’activité professionnelle. L’argent, selon lui, vient naturellement quand on fait quelque chose qu’on aime et qu’on le fait bien. Inverser l’équation, chercher l’argent d’abord et espérer que le plaisir suivra, fonctionne rarement.
Ce principe a des conséquences pratiques. Si une activité cesse d’être plaisante, Branson recommande d’abord de chercher à réparer le problème. Mais si rien n’y fait, il faut savoir passer à autre chose. Cette liberté de mouvement suppose une certaine sécurité financière, certes, mais le principe reste valide à toutes les échelles : s’accrocher à quelque chose qui nous rend malheureux est une mauvaise stratégie à long terme.
La notion d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle traverse aussi le livre. Branson ne sépare pas vraiment les deux. Ses aventures, traverser l’Atlantique en ballon, battre des records en hors-bord, ne sont pas des « vacances » au sens classique. Ce sont des extensions de sa façon de vivre, des défis qui le maintiennent vivant.
La famille occupe une place importante dans sa vision. Les affaires ne doivent pas dévorer tout le reste. Les relations, les moments partagés, les expériences vécues comptent au moins autant que les transactions conclues.
Ce que ça change pour un entrepreneur
Le livre offre une permission de dire oui plus souvent. Pour beaucoup d’entrepreneurs, la prudence excessive devient un frein. On attend le moment parfait, l’information complète, la certitude. Branson rappelle que ce moment n’arrive jamais. L’action imparfaite vaut mieux que l’inaction parfaite.
Cette philosophie rejoint celle explorée dans The Dip de Seth Godin, qui examine quand persévérer et quand abandonner. Les deux livres partagent l’idée que l’engagement total, une fois la décision prise, fait la différence.
Le concept de « Dr Yes » peut s’appliquer au management quotidien. Face à une proposition d’un collaborateur, chercher d’abord comment la rendre possible plutôt que pourquoi elle ne marchera pas. Ce changement d’orientation mentale transforme la culture d’une organisation.
L’importance du plaisir au travail mérite attention. Beaucoup d’entrepreneurs s’épuisent en forçant des activités qui ne leur correspondent pas, pensant que le succès viendra récompenser leur sacrifice. Branson suggère l’inverse : trouver ce qui procure de l’énergie plutôt que ce qui en consomme.
La leçon sur les convictions a aussi sa valeur. Défendre ses idées, même quand elles sont impopulaires ou semblent trop audacieuses, fait partie du rôle de l’entrepreneur. Les innovations qui changent les marchés viennent rarement du consensus.
Les limites du livre
Le livre est court, parfois trop. Les principes sont énoncés mais rarement approfondis. On reste sur des généralités inspirantes sans entrer dans les détails de l’exécution. Pour quelqu’un qui cherche une méthodologie précise, ce n’est pas le bon ouvrage.
Le biais du survivant reste le même que pour l’autobiographie de Branson. Dire oui et foncer a fonctionné pour lui. Cela ne garantit pas que ça fonctionnera pour tout le monde. Beaucoup d’entrepreneurs ont dit oui, ont foncé, et ont échoué. Le livre ne s’attarde pas sur cette réalité statistique.
Les conditions de Branson ne sont pas celles de la plupart des lecteurs. Quand on dispose déjà d’un empire et d’une marque reconnaissable, prendre des risques n’a pas les mêmes conséquences que quand on démarre avec un compte en banque vide. Le filet de sécurité invisible biaise les conseils.
Le ton peut sembler simpliste. « Crois en toi », « amuse-toi », « dis oui », ce sont des injonctions faciles à formuler, plus difficiles à mettre en pratique quand on fait face à des contraintes réelles. Le livre manque parfois de nuance sur les obstacles concrets.
Le livre n’existe pas en traduction française officielle, ce qui le rend inaccessible aux lecteurs non anglophones.
Pour ceux qui ont déjà lu « Losing My Virginity », ce livre n’apporte pas grand-chose de nouveau. C’est plutôt une version condensée des mêmes idées, adaptée à ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie de lire l’autobiographie complète.
FAQ
Quelle est la différence entre ce livre et « Losing My Virginity » ?
« Losing My Virginity » est une autobiographie détaillée couvrant les 43 premières années de la vie de Branson. « Screw It, Let’s Do It » est un livre de principes, beaucoup plus court, qui distille les leçons sans raconter toute l’histoire. Le premier raconte, le second conseille.
Le titre peut-il se traduire en français ?
La traduction littérale donnerait quelque chose comme « Au diable, faisons-le » ou « Tant pis, allons-y ». L’expression capture l’idée de surmonter l’hésitation et de passer à l’action malgré les doutes ou les risques. Le livre n’a pas de traduction française officielle.
Ce livre convient-il à quelqu’un qui débute en entrepreneuriat ?
Oui, à condition de ne pas en attendre une méthode pas à pas. Le livre est davantage un boost de motivation qu’un guide pratique. Il donne envie d’agir, mais ne dit pas comment structurer un business plan ou gérer une comptabilité.
Branson applique-t-il vraiment ces principes ?
Les exemples du livre sont tirés de sa propre vie. L’achat de Necker Island, le lancement de Virgin Atlantic, les tentatives de records en ballon. Ces histoires sont documentées par ailleurs. Branson pratique ce qu’il prêche, même si sa situation privilégiée facilite certaines prises de risque.
Le livre parle-t-il de ses échecs ?
Très peu. Comme la plupart des livres d’entrepreneurs à succès, il se concentre sur ce qui a fonctionné. Les échecs de Virgin, Virgin Cola ou Virgin Brides par exemple, sont rarement mentionnés dans ses écrits destinés au grand public.
Combien de temps faut-il pour lire ce livre ?
Deux à trois heures suffisent. C’est un format court, avec des chapitres brefs et un style direct. L’objectif est d’être lu rapidement et de pousser à l’action, pas de fournir une analyse exhaustive.

