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L’art subtil de s’en foutre de Mark Manson : choisir ses combats pour mieux vivre

En bref : Mark Manson renverse les codes du développement personnel. Le bonheur ne vient pas de la pensée positive, mais du choix conscient de ce qui mérite notre attention. Nous avons tous une quantité limitée d’énergie à investir. La question n’est pas d’éviter les problèmes, mais de choisir ceux pour lesquels on est prêt à se battre.

Mark Manson : le blogueur devenu phénomène mondial du développement personnel

Mark Manson n’a rien du gourou bien peigné qu’on croise habituellement dans les rayons développement personnel. Né en 1984 à Austin, Texas, il sort de Boston University en 2007 avec un diplôme en relations internationales. Son premier job dans une banque d’investissement ? Trois semaines. Le temps de se faire virer pour une habitude peu appréciée de la hiérarchie : il lisait des livres au bureau. Au lieu de travailler.

Ce qui suit tient du hasard. Il lance un blog de conseils en séduction pour hommes. Le ton est direct, parfois brutal. Le trafic explose. En quelques années, plus d’un million de visiteurs par mois. En 2010, il pivote vers le développement personnel, mais avec une approche à contre-courant du genre.

En 2016, il publie The Subtle Art of Not Giving a F*ck. Le titre fait grincer des dents, mais le contenu fait mouche. Le livre passe 268 semaines dans le top 10 du New York Times. Plus de 12 millions d’exemplaires vendus. Numéro un dans 14 pays. Traduit en plus de 50 langues.

Son positionnement : « du développement personnel pour ceux qui détestent le développement personnel ». Pas de pensée positive forcée, pas de visualisation miraculeuse, pas de « tu peux tout avoir si tu le veux vraiment ». Juste un constat lucide sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

La loi des contraires : pourquoi courir après le bonheur nous rend malheureux

Manson ouvre son livre avec un concept emprunté au philosophe Alan Watts : la « Backwards Law », qu’on pourrait traduire par la loi des contraires. L’idée est simple mais déstabilisante. Plus on cherche à se sentir bien, plus on se sent mal. Plus on veut être confiant, plus on doute. Plus on désire être heureux, plus on réalise qu’on ne l’est pas.

Pourquoi ? Parce que vouloir quelque chose, c’est admettre qu’on ne l’a pas. Courir après le bonheur, c’est rappeler à son cerveau, en boucle, qu’on n’est pas heureux. On entre dans une spirale où chaque effort pour aller mieux nous enfonce un peu plus. Plus on s’agite, plus on coule.

La solution n’est pas d’arrêter de vouloir. C’est de changer de direction. Accepter les expériences négatives plutôt que les fuir. Faire la paix avec l’inconfort plutôt que le combattre. Manson ne dit pas qu’il faut aimer la souffrance. Il dit qu’il faut arrêter de la voir comme un échec personnel.

Cette idée va à l’encontre de toute une industrie du bien-être qui nous vend des solutions pour ne plus jamais souffrir. Manson suggère que cette promesse est non seulement fausse, mais toxique.

Choisir ses problèmes plutôt que les fuir

Autre idée centrale, et celle-ci peut changer votre façon de voir les choses. La vie n’est pas une quête pour éliminer les problèmes. C’est une série infinie de problèmes à résoudre. Résoudre un problème en crée un autre. Toujours. C’est comme ça que ça marche, et ça ne changera pas.

Le bonheur ne vient donc pas de l’absence de problèmes. Il vient de la résolution de problèmes qu’on a choisis. La question n’est pas « comment éviter les ennuis ? » mais « quels ennuis suis-je prêt à accepter ? »

Manson reformule ça avec une question qu’il pose souvent : « Pour quelle souffrance es-tu prêt à te battre ? » Tout le monde veut être riche, en forme, épanoui. Peu de gens veulent les heures de travail acharné, les entraînements douloureux, les remises en question difficiles. Ce qu’on accepte de subir définit ce qu’on obtient.

Pour un entrepreneur, cette perspective change beaucoup de choses. On arrête de chercher le business qui ne pose aucun problème. On cherche celui dont les problèmes nous motivent.

Les valeurs comme boussole de vie

Manson consacre une bonne partie du livre aux valeurs. Et là, il devient intéressant. Son argument : la plupart de nos problèmes viennent de mauvaises valeurs. Pas de malchance, pas de circonstances. De mauvais choix de ce qui compte pour nous.

Les mauvaises valeurs sont celles qu’on ne contrôle pas, qui dépendent des autres, ou qui ne sont jamais satisfaites. La popularité, par exemple. Ou la richesse mesurée par comparaison aux autres. Ou le plaisir immédiat comme fin en soi.

Les bonnes valeurs sont celles qu’on peut maîtriser, qui ne dépendent que de soi, et qui s’améliorent avec le temps. L’honnêteté, par exemple. La curiosité. La responsabilité de ses actes. La générosité.

Manson insiste aussi sur l’engagement. Dans un monde qui nous pousse à garder toutes les options ouvertes, il défend le contraire. Pour vraiment apprécier quelque chose, il faut s’y confiner. Les décennies investies dans une relation, un métier, une passion créent un niveau de satisfaction impossible à atteindre en papillonnant.

Son second livre, Everything Is F*cked, pousse plus loin cette réflexion sur le sens et l’espoir.

Ce que ça change pour un entrepreneur ou dirigeant

Pour un dirigeant, le message principal est clair : tout ne mérite pas votre attention. Votre énergie est limitée. Votre temps aussi. Choisissez vos batailles.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Arrêter de se disperser sur des problèmes qui ne changeront rien. Un client mécontent qui n’aurait jamais dû devenir client. Un concurrent qui fait du bruit mais n’a pas d’impact réel. Une critique sur les réseaux sociaux postée par quelqu’un qui n’achètera jamais rien.

Ça veut aussi dire accepter l’échec comme partie du processus. Manson est catégorique : l’échec est inévitable. La question n’est pas de l’éviter, mais de le traverser. Les entrepreneurs qui réussissent ne sont pas ceux qui n’échouent jamais. Ce sont ceux qui échouent vite, apprennent, et continuent.

Enfin, ça veut dire construire sur ses limites plutôt que les nier. Vous n’êtes pas bon en finance ? Recrutez quelqu’un qui l’est. Vous détestez le networking ? Trouvez une autre façon de développer votre réseau. L’acceptation de ce qu’on n’est pas libère l’énergie pour développer ce qu’on est.

Les limites du livre

Soyons honnêtes : le style de Manson ne plaît pas à tout le monde. Les jurons à répétition, le ton provocateur, l’attitude « je m’en fous » peuvent vite agacer. Certains trouveront ça rafraîchissant, d’autres carrément puéril. Après 300 pages, la posture finit par fatiguer, même quand on adhère au fond.

Le livre manque parfois de profondeur. Les concepts sont présentés de manière accessible, mais rarement creusés. Les lecteurs qui connaissent déjà la philosophie stoïcienne ou la psychologie positive n’apprendront pas grand-chose de nouveau.

La vision est aussi très individualiste. Manson parle peu des contraintes systémiques, des inégalités, des circonstances qui échappent au contrôle individuel. Son « choisis tes problèmes » sonne différemment selon qu’on part de zéro ou qu’on a un filet de sécurité.

Point positif : le livre existe en français sous le titre « L’art subtil de s’en foutre : un guide à contre-courant pour être soi-même » aux éditions Eyrolles. Plus de 200 000 exemplaires vendus en France. La traduction conserve le ton direct de l’original.

Questions fréquentes

QU’EST-CE QUE « L’ART SUBTIL DE S’EN FOUTRE » ?

C’est un livre de développement personnel publié en 2016 par Mark Manson. Il propose une approche à contre-courant : au lieu de chercher le bonheur permanent, accepter les difficultés et choisir consciemment ce qui mérite notre énergie. Plus de 12 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

QU’EST-CE QUE LA « BACKWARDS LAW » ?

C’est un concept repris du philosophe Alan Watts. L’idée : plus on cherche à se sentir bien, plus on se sent mal. Vouloir quelque chose confirme qu’on ne l’a pas. La solution est d’accepter les expériences négatives plutôt que de les fuir.

COMMENT CHOISIR SES PROBLÈMES SELON MANSON ?

Manson suggère de se demander : « Pour quelle souffrance suis-je prêt à me battre ? » Ce qu’on accepte de subir définit ce qu’on obtient. Le bonheur vient de la résolution de problèmes qu’on a choisis, pas de leur absence.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE BONNES ET MAUVAISES VALEURS ?

Les bonnes valeurs sont contrôlables, internes, et constructives : honnêteté, curiosité, responsabilité. Les mauvaises valeurs dépendent des autres ou de circonstances externes : popularité, richesse comparative, plaisir immédiat comme fin en soi.

LE LIVRE EST-IL DISPONIBLE EN FRANÇAIS ?

Oui, le livre a été traduit sous le titre « L’art subtil de s’en foutre : un guide à contre-courant pour être soi-même » et publié par les éditions Eyrolles. Il s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires en France.

À QUI CE LIVRE S’ADRESSE-T-IL ?

Aux lecteurs fatigués du développement personnel classique et de ses promesses de bonheur facile. Aux entrepreneurs et dirigeants qui veulent apprendre à prioriser. Pas recommandé à ceux qui cherchent des méthodes pas à pas ou qui sont allergiques au ton provocateur.

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