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The Entrepreneur Roller Coaster de Darren Hardy : pourquoi 66% des entrepreneurs échouent pour des raisons émotionnelles

En bref : Darren Hardy, ancien éditeur de SUCCESS Magazine, démontre que la majorité des échecs entrepreneuriaux ne sont pas économiques mais émotionnels. Les montagnes russes émotionnelles, la peur et le doute tuent plus d’entreprises que le manque de capital. Le livre propose des stratégies pour maîtriser ces émotions et développer les quatre compétences essentielles : vente, recrutement, leadership et productivité.

On attribue généralement l’échec des entreprises à des causes externes : manque de financement, mauvaise localisation, concurrence trop forte, problèmes de trésorerie. Et si ces explications étaient fausses ? Et si la vraie raison se trouvait ailleurs, quelque part entre nos deux oreilles ?

C’est la thèse provocatrice de Darren Hardy dans ce livre. Après avoir interviewé des centaines d’entrepreneurs à succès et analysé les causes d’échec des autres, il arrive à une conclusion inattendue : les montagnes russes émotionnelles de l’entrepreneuriat tuent plus d’entreprises que tous les problèmes financiers réunis.

L’homme qui a interviewé les plus grands entrepreneurs

Darren Hardy n’est pas un théoricien du succès. Il a commencé sa première entreprise à 18 ans. À 24 ans, il gagnait plus d’un million de dollars par an. À 27 ans, il dirigeait une entreprise générant 50 millions de chiffre d’affaires annuel.

Mais c’est son rôle d’éditeur de SUCCESS Magazine pendant huit ans qui lui a donné une perspective unique. Cette position lui a ouvert les portes des entrepreneurs les plus influents de la planète : Richard Branson, Steve Jobs, Elon Musk, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Howard Schultz. Il a pu les interviewer, étudier leurs parcours, comprendre ce qui les distinguait.

Hardy est aussi l’auteur de The Compound Effect, devenu best-seller du New York Times et du Wall Street Journal. Ce livre précédent traitait de l’impact cumulé des petites décisions quotidiennes. The Entrepreneur Roller Coaster aborde un sujet complémentaire : les défis émotionnels spécifiques à l’entrepreneuriat.

La vraie cause d’échec : les émotions, pas l’économie

Hardy a analysé les raisons pour lesquelles 66% des nouvelles entreprises échouent. Les explications habituelles, celles qu’on entend partout, sont : le manque de capital, un mauvais emplacement, des problèmes de crédit, une mauvaise gestion des stocks, une concurrence trop rude.

Toutes ces raisons sont fausses, affirme-t-il. Ou du moins, elles ne sont pas les causes profondes. L’échec n’est pas dû à des facteurs externes. Il est interne. Il n’est pas économique. Il est émotionnel.

Les montagnes russes émotionnelles que vit un entrepreneur sont le principal facteur expliquant pourquoi la plupart abandonnent. Un jour vous signez un gros contrat, le lendemain un client important vous quitte. Une semaine vous êtes convaincu d’avoir trouvé la formule, la suivante vous doutez de tout. Ces oscillations épuisent. Et beaucoup finissent par descendre du manège.

L’échec ne vient pas de l’économie. Il vient du fait qu’on n’était pas préparé à cette turbulence émotionnelle. Personne ne nous avait prévenus. Personne ne nous avait équipés pour y faire face.

Les quatre compétences qui font la différence

Hardy identifie quatre compétences essentielles que tout entrepreneur doit développer, qu’il le veuille ou non.

La vente d’abord. Hardy insiste sur un point fondamental : « La vente consiste à remplir le besoin perçu du client, pas votre besoin de vendre quelque chose. » Toute entreprise tourne autour de la vente. Ceux qui prétendent ne pas aimer vendre se condamnent à l’échec ou à la dépendance envers quelqu’un qui vend pour eux.

Le recrutement ensuite. Une entreprise ne grandit pas au-delà de la qualité de ses équipes. Savoir attirer, identifier et retenir les bons talents devient une compétence de survie à mesure que l’entreprise se développe.

Le leadership également. Diriger ce n’est pas commander. C’est inspirer, donner une direction, créer un environnement où les gens donnent le meilleur d’eux-mêmes. Sans leadership, même la meilleure équipe s’éparpille.

La productivité enfin. Pas l’agitation, la vraie productivité. Faire ce qui compte réellement, pas ce qui donne l’impression d’être occupé. Le temps d’un entrepreneur est sa ressource la plus précieuse.

Ces quatre compétences ne sont pas optionnelles. On peut déléguer certaines tâches, mais on ne peut pas déléguer complètement ces quatre domaines sans perdre le contrôle de son entreprise.

Dompter la peur : six techniques pour avancer malgré tout

Hardy déconstruit un mythe répandu : les entrepreneurs seraient des preneurs de risques sans peur. Faux. Tout le monde a peur. La différence, c’est que les entrepreneurs qui réussissent agissent malgré leur peur.

Et ces peurs, note Hardy, ne sont généralement pas des lions ou des bâtiments en feu. Ce sont des choses bien plus banales : un appel téléphonique à passer, une conversation difficile à avoir, une question directe à poser. Des micro-confrontations que l’on repousse indéfiniment.

Le livre propose six techniques pour désamorcer ces peurs. L’une d’elles consiste à se demander : quel est le pire qui puisse arriver ? Vraiment le pire ? Dans la plupart des cas, ce pire est parfaitement survivable. Une autre technique invite à visualiser la peur comme un simple signal, une information, pas un ordre d’arrêt.

Hardy rappelle aussi que la peur ne disparaît jamais complètement. On ne devient pas intrépide. On apprend à avancer avec la peur, comme un compagnon de route un peu encombrant mais qu’on finit par ignorer. Cette perspective rejoint celle de The Dip de Seth Godin sur la persévérance dans les moments difficiles.

Ce que ça change pour un entrepreneur

Les enseignements du livre ont des implications pratiques immédiates.

Reconnaître que l’obstacle est souvent émotionnel avant d’être financier change la façon dont on aborde les problèmes. Au lieu de chercher plus de capital ou un meilleur outil, on se demande : qu’est-ce que j’évite ? De quoi ai-je peur ? Quelle conversation je repousse ?

Développer ses compétences de vente devient une priorité, même si on n’aime pas ça. Surtout si on n’aime pas ça. La résistance à la vente est souvent le symptôme d’une peur de rejet qu’il faut affronter.

Se préparer aux baisses de moral comme on prépare un budget transforme la relation aux moments difficiles. On sait qu’ils viendront. On a prévu des stratégies pour les traverser. On ne les subit plus comme des surprises catastrophiques.

Enfin, s’entourer de personnes qui comprennent ces montagnes russes devient essentiel. Les proches qui n’ont jamais entrepris ne peuvent pas comprendre. Trouver des pairs, des mentors, des communautés d’entrepreneurs offre un filet de sécurité émotionnel.

Les limites du livre

The Entrepreneur Roller Coaster a ses défauts.

Le style est très américain, parfois excessivement motivationnel. Les superlatifs abondent, les promesses sont grandes. Pour un lecteur français, cette tonalité peut sembler exagérée.

Le parcours de Hardy lui-même est exceptionnel : millionnaire à 24 ans, dirigeant d’une entreprise à 50 millions à 27 ans. Ces chiffres peuvent intimider plus qu’inspirer. Tout le monde ne partira pas de là.

Il y a aussi un risque de sous-estimer les vrais obstacles économiques. Affirmer que l’échec est émotionnel ne doit pas faire oublier que certaines entreprises échouent réellement faute de trésorerie, et que cette cause est bien réelle, même si elle est parfois le symptôme d’autre chose.

Malgré ces réserves, le livre offre une perspective rafraîchissante sur l’entrepreneuriat. Reconnaître que la difficulté principale n’est pas externe mais interne permet de concentrer son énergie au bon endroit. Pour ceux qui se sentent secoués par les montagnes russes entrepreneuriales, savoir que c’est normal et qu’il existe des stratégies pour y faire face peut faire toute la différence.

Questions fréquentes

LE LIVRE EST-IL DISPONIBLE EN FRANÇAIS ?

Non. À ce jour, The Entrepreneur Roller Coaster n’a pas été traduit en français. Il est uniquement disponible en anglais, en format papier, ebook et audiobook.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE AVEC THE COMPOUND EFFECT DU MÊME AUTEUR ?

The Compound Effect traite de l’impact cumulé des petites décisions quotidiennes sur le long terme. The Entrepreneur Roller Coaster se concentre spécifiquement sur les défis émotionnels de l’entrepreneuriat et les compétences nécessaires pour y faire face.

CE LIVRE EST-IL ADAPTÉ AUX ENTREPRENEURS DÉBUTANTS ?

Oui, c’est même son public principal. Hardy veut préparer les futurs entrepreneurs aux montagnes russes émotionnelles qu’ils vont vivre. Mieux vaut être prévenu avant de monter dans le manège.

QUELLES SONT LES QUATRE COMPÉTENCES ESSENTIELLES SELON HARDY ?

Vente, recrutement, leadership et productivité. Hardy considère que ces quatre domaines sont non négociables pour tout entrepreneur, quelle que soit la taille de son entreprise.

COMMENT HARDY DÉFINIT-IL LA PEUR ENTREPRENEURIALE ?

Pour Hardy, les peurs entrepreneuriales ne sont généralement pas des dangers physiques mais des micro-confrontations : un appel à passer, une question à poser, une conversation difficile. Ces petites peurs paralysent plus que les grandes.

FAUT-IL ÊTRE NÉ VENDEUR POUR RÉUSSIR ?

Non. Hardy insiste sur le fait que la vente est une compétence qui s’apprend. L’aversion pour la vente est souvent une peur déguisée du rejet. En travaillant sur cette peur et en apprenant les techniques, n’importe qui peut devenir compétent.

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