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Unfu*k Yourself de Gary John Bishop : sept affirmations pour arrêter de se saboter

En bref : Gary John Bishop propose sept affirmations pour combattre les schémas de pensée négatifs qui nous paralysent. Son message central : vous n’êtes pas vos pensées, vous êtes vos actions. Un livre direct, sans fioritures, écrit par un Écossais qui ne prend pas de gants. Pour ceux qui en ont assez des conseils bienveillants et veulent un coup de pied aux fesses pour passer à l’action.

Gary John Bishop, un Écossais de Glasgow devenu coach aux États-Unis

Le parcours de Gary John Bishop ne ressemble pas à celui des gourous du développement personnel habituels. Né à Glasgow en Écosse, il a grandi dans un milieu modeste. Son père fabriquait des tonneaux pour le whisky, sa mère était femme au foyer. À 16 ans, il quitte la maison et décroche son premier emploi au Tron Theater, un vieux théâtre de Glasgow, pour environ 30 dollars par semaine dans le cadre d’un programme de formation gouvernemental.

En 1997, il émigre aux États-Unis. Il travaille d’abord comme entrepreneur général dans le bâtiment. Ce n’est qu’au milieu des années 2000, après une remise en question personnelle, qu’il transforme son intérêt pour la psychologie et la philosophie en carrière. Il devient coach à temps plein et grimpe rapidement les échelons jusqu’à devenir directeur de programme senior pour l’une des principales organisations mondiales de développement personnel.

Son approche, qu’il appelle « Urban Philosophy », reflète ses origines. Pas de jargon new age, pas de câlins métaphoriques, pas de promesses de transformation magique. Juste des vérités directes, parfois brutales, servies avec l’accent écossais et l’humour noir qui va avec. « Les gens qui viennent vers moi ne cherchent pas un câlin », dit-il. Ils cherchent quelqu’un qui leur dise ce qu’ils ont besoin d’entendre, pas ce qu’ils veulent entendre.

« Unfu*k Yourself », publié en 2017, est devenu un bestseller du New York Times. Le titre provocateur n’est pas un accident. Bishop veut secouer, pas caresser dans le sens du poil.

Le problème : on se sabote par notre discours intérieur

Après des décennies de travail avec des clients en coaching, Bishop est arrivé à une conclusion simple : le seul véritable obstacle, c’est nous-mêmes. Pas les circonstances. Pas les autres. Pas le manque de temps ou d’argent. Nous.

Plus précisément : notre dialogue intérieur. Cette petite voix dans notre tête qui commente en permanence ce que nous faisons, ce que nous devrions faire, ce que nous ne pouvons pas faire. Selon les recherches que Bishop cite, environ 70% de ce dialogue intérieur est négatif. « Je ne suis pas assez bon. » « Je n’y arriverai jamais. » « C’est trop risqué. » « Qu’est-ce que les autres vont penser ? »

Ce dialogue ne se contente pas de nous déprimer. Il nous paralyse. Il transforme de petits problèmes en montagnes insurmontables. Il nous fait procrastiner, éviter les confrontations, rester dans des situations qui ne nous conviennent pas.

Bishop insiste sur un point : il y a une différence massive entre « je serai » et « je suis ». « Je serai plus confiant » est une promesse vague pour un futur indéfini. « Je suis confiant » est une déclaration qui engage le présent. Le langage que nous utilisons, même dans notre tête, façonne notre réalité.

L’approche rejoint celle de Mark Manson qui propose de choisir ses combats plutôt que de s’épuiser à tout vouloir contrôler. Les deux auteurs partagent ce ton direct et cette méfiance envers le développement personnel trop « feel good ».

Les sept assertions personnelles pour reprendre le contrôle

Le cœur du livre repose sur sept affirmations que Bishop appelle des « assertions personnelles » (personal assertions). Pas des mantras à répéter bêtement. Des déclarations à incarner, à transformer en actions.

« Je suis prêt » (I am willing). La première assertion est la plus fondamentale. La volonté de changer, de lâcher prise, d’accepter l’inconfort. Sans cette volonté, rien ne se passe. Bishop note que beaucoup de gens disent vouloir changer mais ne sont pas vraiment prêts à faire ce que ça implique.

« Je suis programmé pour gagner » (I am wired to win). Votre cerveau est conçu pour s’adapter, résoudre des problèmes, trouver des solutions. Vous avez survécu à tout ce que la vie vous a envoyé jusqu’ici. Ce n’est pas un accident. Faites confiance à votre capacité de vous en sortir.

« Je gère » (I got this). Face à un défi, la réaction naturelle est souvent la panique ou l’évitement. Cette assertion rappelle que vous avez les ressources pour faire face. Pas nécessairement pour tout résoudre parfaitement, mais pour gérer ce qui arrive.

« J’embrasse l’incertitude » (I embrace the uncertainty). L’une des sources majeures d’anxiété est le besoin de tout contrôler, de tout prévoir. Bishop invite à accepter que l’incertitude fait partie de la vie. Résister ne change rien. Embrasser l’incertitude libère de l’énergie pour agir.

« Je ne suis pas mes pensées, je suis ce que je fais » (I am not my thoughts; I am what I do). C’est peut-être l’assertion la plus importante du livre. Avoir des pensées négatives ne fait pas de vous quelqu’un de négatif. Ce qui compte, c’est ce que vous faites malgré ces pensées. L’action prime sur la rumination.

« Je suis implacable » (I am relentless). Les obstacles, les échecs, les rejets sont inévitables. La question n’est pas de les éviter mais de persister malgré eux. Bishop recadre les revers comme des étapes, pas des fins. La persistance est une compétence qui se développe.

« Je n’attends rien et j’accepte tout » (I expect nothing and accept everything). La dernière assertion invite à abandonner les attentes rigides. Quand on attend que la vie se conforme à nos plans, on se prépare à la déception. Accepter ce qui arrive, sans jugement, permet de réagir plus efficacement.

Ce que ça change pour un entrepreneur au quotidien

Pour un entrepreneur ou un dirigeant, ces assertions ont des applications directes.

La procrastination d’abord. Combien de projets restent en attente parce qu’on « n’est pas encore prêt » ? L’assertion « Je suis prêt » coupe court à cette excuse. On n’est jamais complètement prêt. On apprend en faisant.

L’incertitude ensuite. L’entrepreneuriat est par définition incertain. Attendre d’avoir toutes les garanties avant d’agir, c’est ne jamais agir. « J’embrasse l’incertitude » transforme l’anxiété en énergie d’action.

Le syndrome de l’imposteur aussi. Cette voix qui dit « tu n’es pas assez qualifié », « tu vas te faire démasquer », « tu ne mérites pas ce succès ». Bishop rappelle : ces pensées ne sont que des pensées. Ce qui compte, c’est ce que vous faites. Si vous faites le travail, vous n’êtes pas un imposteur.

Les échecs enfin. Un pitch raté, un client perdu, un projet qui échoue. La tentation est de ruminer, de se remettre en question, de perdre confiance. « Je suis implacable » invite à passer à autre chose. Apprendre la leçon et continuer.

Bishop insiste : le bonheur n’est pas quelque chose qui arrive quand les circonstances s’alignent. C’est une compétence qui se développe par des actions intentionnelles et des changements de mentalité. On n’attend pas d’être heureux pour agir. On agit, et le sentiment suit.

Un livre qui a ses limites

Soyons francs : le style de Gary John Bishop ne plaira pas à tout le monde.

Le ton est parfois agressif. Pour certains lecteurs, ça sera motivant. Pour d’autres, ça sera juste désagréable. Si vous cherchez de la compassion et de la compréhension, ce n’est probablement pas le bon livre.

L’approche manque aussi de nuances psychologiques. Bishop ne fait pas de distinction entre quelqu’un qui procrastine un peu et quelqu’un qui souffre de dépression clinique. Ses assertions peuvent être utiles pour le premier, insuffisantes voire contre-productives pour le second.

Le livre ne propose pas non plus de méthode structurée étape par étape. C’est plus un recueil d’idées et de provocations qu’un programme à suivre. Certains lecteurs trouveront ça libérateur. D’autres resteront avec la question : « OK, mais concrètement, je fais quoi ? »

Et puis il y a la question de la durabilité. Se répéter des affirmations peut créer un boost temporaire. Mais changer vraiment des schémas de pensée ancrés depuis des années demande généralement plus qu’un livre, aussi percutant soit-il.

Malgré ces réserves, pour quelqu’un qui tourne en rond dans l’analyse et la réflexion, qui a besoin d’un électrochoc pour passer à l’action, le livre peut être exactement ce qu’il faut. Parfois, on a juste besoin qu’un Écossais nous dise de nous bouger.

FAQ

LE LIVRE EST-IL DISPONIBLE EN FRANÇAIS ?

Oui, le livre est disponible sous le titre « Unf*ck Yourself : Tu es un vrai miracle de la nature », publié par ABP Éditions en 2019. Une version audio narrée par Bertrand Maudet existe également sur Audible.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE CE LIVRE ET LA PENSÉE POSITIVE CLASSIQUE ?

Bishop rejette la pensée positive qui consiste à se répéter des affirmations déconnectées de la réalité. Ses assertions sont des engagements à l’action, pas des vœux pieux. « Je suis confiant » ne signifie pas ignorer ses doutes, mais agir malgré eux.

LES SEPT ASSERTIONS FONCTIONNENT-ELLES VRAIMENT ?

Comme tout outil de développement personnel, ça dépend de comment on les utilise. Se les répéter passivement ne changera rien. Les transformer en actions concrètes, en décisions quotidiennes, peut avoir un impact réel sur les schémas de comportement.

FAUT-IL LIRE LES AUTRES LIVRES DE GARY JOHN BISHOP ?

Bishop a écrit plusieurs autres ouvrages : « Stop Doing That Sht », « Do the Work », « Wise As Fuk », et « Love Unfuked ». Ils explorent des thèmes complémentaires mais « Unfuk Yourself » reste la meilleure porte d’entrée dans son approche.

CE LIVRE PEUT-IL REMPLACER UNE THÉRAPIE ?

Non. Le livre est un outil de motivation et de prise de conscience, pas un traitement. Pour des troubles psychologiques avérés comme la dépression, l’anxiété chronique ou les traumatismes, un accompagnement professionnel reste indispensable.

COMMENT APPLIQUER LES ASSERTIONS AU QUOTIDIEN ?

Bishop suggère de choisir une assertion qui résonne particulièrement et de la garder en tête face aux situations difficiles. L’idée n’est pas de les réciter mécaniquement mais de les utiliser comme rappels pour orienter ses décisions et ses actions dans le moment présent.

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